VERONICA RETROUSSE SES MANCHES

Une jeune femme atteinte de psoriasis grave et de dépression décide de prendre sa vie en main.

Série sur le psoriasis
VERONICA RETROUSSE SES MANCHES
Un film d’Andy Keen.

Série sur le psoriasis

VERONICA RETROUSSE SES MANCHES

Un film d’Andy Keen.

Lecture

Cette année-là, j’avais déjà cessé d’aller à l’école. Oui, il s’agit probablement d’une des dernières fois… où j’ai porté des vêtements sans manches en public. Je regarde encore ces photos et je me dis… « Mon Dieu, ma peau était si belle ». Je ressemble beaucoup à mon frère. Ça donne la chair de poule.

Le psoriasis est une maladie chronique de la peau, qui touche plus d’un million d’adultes au Canada.

Je me souviens vaguement… d’une journée ou j’étais dans ma salle de bain et je me préparais à aller quelque part. Je séchais mes cheveux ou quelque chose du genre. Ma mère a remarqué la plaque à l’arrière de ma tète… et elle ne savait pas ce que c’était… ni ce qu’il fallait faire. Sur le coup, nous n’avons pas vraiment pensé qu’il fallait voir un médecin.

Tout a changé en quelque sorte, après le diagnostic. J’ai commencé à rester à la maison plus souvent, je ne voulais plus sortir du lit, j’étais déprimée et anxieuse, ce genre de choses. Je crois que c’est plutôt moi qui repoussais les autres… dans tout ce qu’ils voulaient faire, que ce soit aller à la plage ou faire une partie de paintball. Je me souviens d’une soirée où ils voulaient tous aller à un parc de trampolines. Je n’arrêtais pas de me répéter… « Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas faire ça. »

Donc, vers la mi-vingtaine, je n’avais plus vraiment d’amis. Je ne portais que des vêtements à manches longues, des pantalons ou des jupes qui touchaient le sol. La seule partie de ma peau que je montrais était celle de mon visage. Et encore, s’il s’agissait d’une mauvaise journée, je ne sortais même pas de la maison. Car, vous savez, se promener avec un sac sur la tête n’est pas vraiment une option.

Mes amies avaient l’habitude de dire : « Enlève donc ton chandail. Ce n’est pas surprenant que tu aies chaud. » Elles ne comprenaient pas. Les gens me recommandaient d’utiliser de l’huile d’arbre à thé, alors j’en mettais un peu sur ma peau. Mais les plaques réapparaissaient tout le temps.

Je prenais un autre médicament. Je le prenais depuis presque deux ans. Les plaques étaient toujours présentes, mais les médicaments topiques réussissaient à faire disparaître quelques couches. C’est la réalité du psoriasis, rien ne peut vraiment l’arrêter. La maladie est toujours là.

Cela a réellement affecté son estime de soi. Comment peut-elle s’aimer quand elle se regarde dans le miroir? Elle regarde sa peau et se dit : « Ces plaques, c’est dégoutant. Elles me démangent, c’est inconfortable. Je suis si malheureuse. » Comment peut-elle m’aimer si elle ne s’aime pas elle-même?

Vous savez ce qu’on dit : on ne peut pas vraiment aimer une autre personne avant de s’aimer soi-même. Alors, à 23 ans, même si j’ai rencontré un homme… qui était capable de me regarder sans tenir compte du psoriasis… notre relation est devenue une lutte, je le tenais à l’écart.

Cela a été difficile… Le fait qu’elle avait si peu d’estime de soi pour elle-même… a joué un énorme rôle dans notre dynamique de couple, notre relation.

Évidemment, je continue à me sentir coupable pour… mon comportement au cours des cinq premières années de notre relation.

La raison pour laquelle je suis resté est que j’ai vu quelque chose en elle. J’ai perçu la tendresse, l’amour, la bienveillance dont elle pouvait faire preuve. J’ai vu qu’elle avait un grand cœur, et je sais qu’il y a toujours une lumière au bout du tunnel.

Le fait que j’allais me marier m’a probablement… permis de me décider à retrousser mes manches et me prendre en main.

Ils ont parlé du traitement il y a quelques années déjà. Elle avait dit : « On va le mettre de côté et l’utiliser en dernier recours. »

Si je pouvais revenir en arrière, au moment où j’ai reçu le diagnostic à 21 ans, j’aurais consulté un dermatologue immédiatement. J’aurais commencé un traitement immédiatement. Plus vous agissez tôt, mieux vous vous sentirez.

Les résultats sont vraiment fantastiques. Il n’y a pratiquement plus de rougeur. Il n’y a plus vraiment de desquamation. Ma peau n’a pas été aussi lisse depuis des années.

Alors, c’est encore un peu étrange de me voir dans une robe de mariée. Je n’étais pas le genre de petite fille à planifier tout son mariage, vous savez. Dans deux semaines, je serai la mariée et le centre d’attention. Ça me rend encore un peu anxieuse. Mais, quand je regarde le chemin que j’ai parcouru, on dirait presque qu’une partie de moi est impatiente de se révéler, de se dévoiler. Je commence à être emballée, en quelque sorte. [Rit]. Alors, oui, j’aurai la chance d’être la mariée.

Que c’est beau!

Oui, le contour est tout noir.

Génial. Qu’est-ce que c’est?

Ce sont les lys Calla.

OK.

Tu porteras un lys Calla à ta boutonnière. J’aurai deux lis Calla dans mon bouquet, et je crois qu’il y en a un de plus pour fixer dans mes cheveux, ou quelque chose comme ça.

Ils sont vraiment beaux.

Oui.

Je posais quelques questions à Aaron.

Oui

Il me parlait de la première fois ou il t’a rencontrée, et cela m’a rappelé ses réponses. [Rit]

En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la province de l’Ontario, c’est avec plaisir que je vous déclare, Veronica et Aaron, mari et femme. Aaron, vous pouvez embrasser votre superbe épouse.

Réalisé par ANDY KEEN, gagnant d’un prix Juno
Andy Keen et une photographie de plateau de son film

Andy est un documentariste canadien dont les films, pour lesquels il a remporté des prix nationaux, ont été présentés lors de festivals partout au Canada. Escarpment Blues (2006), avec Sarah Harmer, met en scène la chanteuse et auteure lors de sa tournée de l’escarpement du Niagara pendant laquelle elle voulait sensibiliser le public à la l’épuisement des ressources naturelles. Son film Bobcaygeon, sorti en 2012, lui a valu son premier prix Juno. Il y documente un spectacle déchaîné donné par le légendaire groupe rock canadien, The Tragically Hip, devant 30 000 admirateurs dans la petite ville de l’Ontario qui a donné son nom à l’une des chansons les plus connues du groupe.

En savoir plus sur Veronica

À venir bientôt

Qu’est-ce que la collection HISTOIRES VÉCUES?

Histoires vécues est une collection de documentaires portant sur les répercussions d’affections médicales graves sur la vie des gens. Réalisés par quelques-un des plus grands documentaristes du Canada, ces films apportent chacun la perspective unique d’un patient alors qu’il cherche à guérir, à composer avec sa maladie et à trouver le bien-être. L’intention de la collection est de donner une voix aux patients et de favoriser la sensibilisation, la compréhension et l’empathie du public à l’égard de ceux qui vivent avec une maladie chronique. La première série porte sur le psoriasis.